Comment je travaille

Vous avez peut-être déjà beaucoup réfléchi à cette hyperphagie qui vous habite. Vous connaissez votre histoire. Vous avez lu des livres, des articles, peut-être déjà entrepris une ou plusieurs psychothérapies. Vous comprenez certains de vos mécanismes et pourtant, les compulsions alimentaires continuent. C'est précisément à partir de là que nous allons travailler.


J'ai obtenu mes deux masters en France et dans le monde anglo-saxon. Cette double culture académique nourrit évidemment ma manière de travailler l’hyperphagie (binge-eating ou boulimie non vomitive) comme un trouble du comportement alimentaire spécifique,  loin des clichés de genre et moralisateurs. Je suis moi-même passée par la psychanalyse pendant plusieurs années. Cette expérience en tant que patiente compte profondément dans ma façon de concevoir le travail thérapeutique : je sais ce que signifie être assis·e de l'autre côté du fauteuil, chercher un endroit où l'on puisse enfin penser librement, et constater progressivement que quelque chose change.

Une psychothérapie vivante

Commencer une psychothérapie soulève souvent beaucoup de questions :

  • Vais-je devoir parler de toute mon enfance ?

  • La psy va-t-elle rester silencieuse durant toute la séance ?

  • Va-t-on systématiquement chercher un traumatisme oublié ?

  • Ou analyser mes rêves pendant des années ?

Ce n'est pas ma façon de travailler.
Je m'inscris dans une approche psychanalytique contemporaine, dite relationnelle (relational psychoanalysis), qui considère que le changement ne vient pas seulement des scènes que l'on raconte, mais naît aussi de ce qui apparaît au fil des dialogues. Nous avons souvent tendance, sans nous en rendre compte, à reproduire certaines façons de penser, de nous protéger ou d'anticiper le regard de l'autre. Lorsqu'elles deviennent visibles pendant les séances, elles peuvent enfin être comprises puis transformées.

Je ne pratique donc pas la psychanalyse fondée sur le silence systématique : mes séances sont dialoguées. Je vous écoute, je vous réponds et je réfléchis avec vous.

Je ne cherche pas à vous apprendre qui vous êtes

Les personnes qui souffrent d'hyperphagie ont souvent passé des années à douter de leur propre expérience. La société vend un discours simpliste de “manger moins, bouger plus”, tandis qu’elles sont quotidiennement aux prises avec la violence complexe des compulsions alimentaires. Il est alors difficile de savoir si elles ont le droit de considérer leur propre vécu comme réel : est-ce que j'exagère ? est-ce que je suis trop sensible/sans discipline ? est-ce que j'ai mal compris/fait ? est-ce que c'est vraiment grave ?

Lorsque l'on a longtemps dû s'adapter à son environnement, le regard des autres peut finir par devenir notre propre regard sur nous-même. 

Le but de la thérapie n’est alors pas de se fabriquer une nouvelle version de soi, mais de se retrouver un appui intérieur suffisamment solide pour penser, ressentir et décider depuis sa propre place. C'est aussi pour cela que la confiance en soi occupe une place importante dans mon travail. Non pas la confiance superficielle qui consisterait à se répéter que l'on est capable, mais une confiance beaucoup plus fondamentale : pouvoir à nouveau se fier à ce que l'on vit, ressent et à son jugement.

Et l'hyperphagie ?

Je ne considère pas l'hyperphagie comme un problème de volonté, de discipline ou de connaissances alimentaires. Une compulsion alimentaire ne se résume pas à une émotion survenue durant la journée que l'on chercherait à apaiser en mangeant. Lorsqu'elle est installée depuis l’enfance et l’adolescence, elle s'inscrit dans une organisation psychique beaucoup plus vaste. La psychothérapie ne consiste donc pas à vous apprendre à mieux contrôler vos crises.

Elle consiste à comprendre pourquoi la nourriture a pris une place aussi centrale dans votre vie psychique et ce qui, dans votre histoire et votre fonctionnement actuel, continue de rendre cette douloureuse réponse si nécessaire.

Le changement se construit en ne reposant pas sur davantage de contrôle, mais sur une transformation plus profonde de la manière dont on habite sa propre vie. C'est pourquoi je ne vous demanderai pas de suivre un programme alimentaire ou de lutter contre vos compulsions à coups de volonté.

Pourquoi je travaille exclusivement en visioconférence

Je propose mes séances individuelles de psychothérapie exclusivement à distance en visioconférence.

  • Pour les personnes souffrant d'hyperphagie, la présence physique d'un autre peut mobiliser une quantité considérable d'attention autour de l’apparence : vêtements, posture, regard supposé de l'autre, peur d'être observé·e ou jugé·e.

  • En visioconférence, le cadre permet de limiter cette exposition et de libérer une partie de cette attention pour le travail thérapeutique lui-même.

  • La visioconférence permet également de sécuriser la continuité du travail lorsqu'une personne déménage ou change de région, et offre une distance qui peut être particulièrement précieuse pour certaines personnes.
    J'ai consacré un article entier à cette question ici .

En pratique

Une séance coûte 55€, dure 45 minutes, et se déroule exclusivement en visio.

Je propose généralement une à deux séances par semaine, selon les besoins et les possibilités de chaque personne.

Un travail psychothérapeutique induit une relation de confiance entre vous et votre psy. C’est pourquoi la séance préliminaire est une séance de présentation réciproque, gratuite et qui n'engage aucune des deux parties.