À quoi ressemble une thérapie psychanalytique avec moi ?
Quand le travail thérapeutique consiste moins à “découvrir” qu'à retrouver progressivement confiance en votre propre vécu.
Ce dont parle cet article :
Commencer une psychothérapie soulève souvent beaucoup de questions :
Vais-je devoir parler de toute mon enfance ?
La psy va-t-elle rester silencieuse durant toute la séance ?
Va-t-on chercher un traumatisme oublié ?
Ou analyser mes rêves pendant des années ?
Ce n'est pas ma façon de travailler.
Je m'inscris dans une approche psychanalytique contemporaine, dite relationnelle (relational psychoanalysis), qui considère que le changement ne vient pas seulement des scènes que l'on raconte. Il naît aussi de ce qui apparaît au fil des dialogues. Nous avons souvent tendance, sans nous en rendre compte, à reproduire certaines façons de penser, de nous protéger ou d'anticiper le regard de l'autre. Lorsqu'elles deviennent visibles pendant les séances, elles peuvent enfin être comprises puis transformées.
1. Beaucoup de personnes connaissent déjà leur histoire
2. Le problème n'est souvent pas le manque de souvenirs
3. Une psychanalyse relationnelle : un travail vivant
4. Retrouver confiance en son propre vécu
5. Et l'hyperphagie dans tout cela ?
6. Une séance en pratique
7. Une psychothérapie ne cherche pas à vous apprendre qui vous êtes
1. Beaucoup de personnes connaissent déjà leur histoire
Les personnes qui me contactent arrivent rarement sans réflexion. Elles ne manquent ni d'informations, ni d'introspection, ni même de lucidité :
La plupart a déjà lu des livres de psychologie, effectué une ou plusieurs thérapies, connaît les grandes lignes de leur histoire, se souvient des scènes importantes, des humiliations, des conflits ou des violences vécues…
Pourtant, les compulsions alimentaires continuent.
2. Le problème n'est souvent pas le manque de souvenirs
Les faits sont généralement connus.
En revanche, ce qui reste fragile c'est la manière dont ils sont encore interprétés. Lorsqu'une personne a grandi dans un environnement où son ressenti a été régulièrement minimisé, contredit, discrédité ou simplement ignoré, elle finit souvent par regarder sa propre histoire à travers le regard de ceux qui l'ont élevée :
“J'étais trop sensible”,
“j'exagérais”,
“ce n'était pas si grave”,
“ils ont fait ce qu'ils ont pu”.
À force d'être répétées, ces explications semblent devenir les nôtres.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à fabriquer un nouveau récit. Il consiste à retrouver progressivement la liberté de regarder sa propre histoire depuis sa propre place.
3. Une psychanalyse relationnelle : un travail vivant
Pendant longtemps, la psychanalyse a été associée à l'image d'un·e thérapeute silencieux·se. Aujourd'hui, de nombreuses et nombreux psychanalystes travaillent autrement.
Dans cette approche, le changement ne vient pas seulement de ce que l'on raconte. Il apparaît aussi dans la manière dont on raconte son histoire, réagit à certaines questions, doute de soi ou anticipe le regard de l'autre au fil des échanges. Certaines façons de se protéger, de s'effacer ou de se méfier réapparaissent naturellement pendant les séances. Lorsqu'elles deviennent visibles, elles peuvent enfin être identifiées puis transformées.
4. Retrouver confiance en son propre vécu
Beaucoup de personnes arrivent épuisées après des années passées à s'adapter à leur famille, à leur environnement ou à des attentes qui n'étaient pas les leurs.
Peu à peu, la confiance en soi s'est érodée :
confiance en ses capacités.
en ses intuitions.
en son jugement.
en ses ressentis.
Le travail thérapeutique consiste progressivement à recréer ce point d'appui intérieur.
Lorsque cette confiance revient, ce que l'on est devient plus lisible. On sait davantage ce qui nous fait du bien, ce dont on ne veut plus et ce qui nous appartient réellement.
Ce changement est souvent discret, mais il est profond et durable.
5. Et l'hyperphagie dans tout cela ?
L'hyperphagie ne disparaît pas parce que l'on comprend intellectuellement son histoire.
Le symptôme s'est souvent construit pendant des années. Il a permis au système nerveux de faire face à une souffrance chronique. Il ne renoncera donc pas immédiatement à cette fonction.
Et les personnes souffrant d'hyperphagie vivent alors souvent un décalage douloureux :
d'un côté, l’urgence due aux compulsions : fatigue mentale, honte, surpoids, difficultés financières parfois, etc.
de l'autre, le temps plus lent de la thérapie, parce qu'elle reconstruit progressivement les fondations psychiques.
Ce décalage n'est pas un échec. C'est le rythme même du travail thérapeutique. À mesure que la confiance intérieure se consolide, le recours à la nourriture perd progressivement une partie de sa fonction de régulation.
6. Une séance en pratique
Je propose des séances en visioconférence, à raison d'une à deux séances par semaine. Ce rythme permet de conserver une continuité psychique tout en laissant la place à la vie quotidienne.
Par ailleurs, pour de nombreuses personnes souffrant d'hyperphagie, la vidéoconférence constitue un véritable levier thérapeutique. Elle réduit une part importante de la charge mentale consacrée à la gestion de son apparence et libère autant d'attention pour le travail psychique lui-même.
➤ J'aborde ce point plus en détail dans l'article Thérapie en ligne et hyperphagie : en quoi la visio est un atout thérapeutique ici .
7. Une psychothérapie ne cherche pas à vous apprendre qui vous êtes
Vous êtes déjà cette personne.
En revanche, des années passées à s'adapter, à se protéger ou à douter de vous-même peuvent avoir rendu ce point d'appui difficilement accessible.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à fabriquer un nouveau « vous ».
Il consiste à vous permettre de retrouver progressivement suffisamment confiance en vos propres intuitions et expérience pour ne plus regarder votre vie uniquement à travers les anciens automatismes ou la version des autres.
Peu à peu, ce qui était confus devient plus lisible. On cesse de se demander en permanence a posteriori si l'on a « bien compris », « bien ressenti » ou « bien réagi ».
On (re)commence à habiter sa propre vie.