Envisager une psychothérapie.

Commencer une psychothérapie suscite souvent des questions très concrètes : faut-il avoir déjà compris ce qui nous arrive ? Peut-on entreprendre ce travail alors que l’on contrôle ou non son poids, ou en suivant un traitement médical ? Combien de temps cela peut-il prendre ? etc.

Voici les questions qui reviennent le plus souvent avant de commencer :

Est-ce que je dois avoir compris les causes de mon hyperphagie avant de commencer ?

Non. Il est même fréquent de ne pas identifier une cause précise ou un événement qui aurait “déclenché” l’hyperphagie. Ce qui nous affecte peut aussi s’être construit progressivement : dans les relations familiales, dans notre manière de nous adapter aux autres, de faire face à la violence, à la solitude, à l’angoisse, à ce qui ne pouvait pas être exprimé.

À l’inverse, vous avez peut-être déjà beaucoup réfléchi à votre histoire et compris certaines choses, sans que les compulsions disparaissent pour autant. Comprendre intellectuellement pourquoi nous faisons quelque chose ne suffit pas toujours à pouvoir vivre autrement. C’est précisément sur ce décalage que la psychothérapie travaille.

Puis-je commencer une psychothérapie que je sois ou non en train de lutter contre un éventuel surpoids ?

Oui. Vous n’avez pas à choisir entre vouloir / ne pas vouloir perdre du poids et entreprendre une psychothérapie.

Que vous ayez modifié votre alimentation, commencé une activité physique, suivi un programme particulier ou entrepris une autre démarche pour perdre du poids, ou rien de tout ceci, cela n’empêche pas le travail psychothérapeutique.

Nous travaillerons sur un autre plan : comprendre la place que les compulsions ont prise dans votre vie, et ce qui continue à les rendre nécessaires aujourd’hui.

Puis-je commencer une psychothérapie en parallèle d’un traitement GLP-1 ou d’une intervention bariatrique ?

Oui. Un traitement GLP-1, une intervention bariatrique et une psychothérapie peuvent tout à fait s’inscrire dans une même période de vie, avant, pendant ou après.

Les traitements GLP-1 peuvent diminuer la faim et les pensées envahissantes autour de la nourriture. Les interventions bariatriques agissent elles aussi sur la faim et la satiété, notamment par des modifications digestives et hormonales. Dans les deux cas, la diminution du bruit mental autour de la nourriture peut libérer de l’espace pour autre chose :

La psychothérapie travaille précisément sur cet autre versant : ce à quoi l’hyperphagie a répondu dans votre histoire, les situations qui l’ont rendue nécessaire et ce qui continue éventuellement à faire souffrir, alors même que les compulsions ont diminué.

Elle permet également de travailler sur ce qui (ré)apparaît ou se réorganise lorsque le rapport à la nourriture et au corps change.

L’intensité de mes compulsions alimentaires a-t-elle une importance pour commencer une psychothérapie ?

Non. Vous pouvez consulter alors que vos compulsions occupent une place considérable dans votre quotidien, comme lorsqu’elles sont devenues occasionnelles.

Vous pouvez aussi ne plus avoir de compulsions depuis quelque temps, tout en sentant que ce qui les déclenchait reste présent, ou en craignant leur retour.

Il n’existe donc pas un degré d’hyperphagie à partir duquel une psychothérapie deviendrait légitime. Le point de départ est simplement le mal-être et le food noise tels qu’ils existent aujourd’hui.

Combien de temps faut-il pour que les compulsions diminuent ?

Je ne peux pas vous annoncer un délai précis. En revanche, je ne pense pas qu’une psychothérapie doive s’étirer sur dix ans avant de produire un changement perceptible.

Lorsque l’hyperphagie est ancienne et profondément installée, quelques mois suffisent rarement à transformer ce qui s’est construit pendant des années. Le travail s’inscrit donc généralement dans la durée.

Mais “prendre du temps” ne signifie pas attendre passivement pendant plusieurs années qu’un déclic survienne. Une psychothérapie est un travail : progressivement, quelque chose doit pouvoir bouger dans votre manière de comprendre ce qui vous arrive, de traverser certaines situations, de vous traiter vous-même et, idéalement, dans la place que les compulsions occupent.

Je considère donc qu’une psychothérapie doit pouvoir être régulièrement interrogée : est-ce que quelque chose change réellement bouge en moi ? Est-ce que ce travail m’aide à vivre autrement ? La durée n’est pas en soi une preuve de profondeur. Une thérapie doit être vécue comme un travail fertile.

Comment savoir si votre manière de travailler peut me convenir ?

Il est préférable de faire au moins une réelle présentation avec 2 ou 3 psy pour se faire une idée. C’est précisément pour cela que je propose la première séance de rencontre gratuite.

Vous pourrez me parler de ce qui vous amène, poser vos questions et découvrir concrètement ma manière d’échanger et de travailler. Vous pourrez ainsi observer comment vous vous êtes senti·e pendant cette première rencontre.

De mon côté, cette séance me permettra de mieux comprendre votre situation et d’évaluer si je pense pouvoir vous accompagner.

Après cette première rencontre, chacun·e pourra prendre le temps de réfléchir. Si nous souhaitons poursuivre, nous conviendrons ensuite d’une première séance de psychothérapie.