À quoi ressemble une thérapie psychanalytique avec moi ?

Quand on franchit la porte d’un·e thérapeute, on ne sait jamais très bien ce qui va se passer. Beaucoup de personnes arrivent avec des souvenirs de suivis passés : séances silencieuses, divans obligatoires, années qui s’étirent, impression de tourner en rond.
Ce n’est pas ce que je pratique.

Cet article existe pour éclairer ce que vous pouvez attendre d’une psychanalyse avec moi : un travail vivant, dialogué, permettant un mouvement intérieur réel.

Un cadre simple : une séance par semaine

Le rythme hebdomadaire est celui qui permet au travail de se déployer de façon fertile :

  • ce n’est pas trop rapproché : vous pouvez à la fois repenser à la séance et garder de la place pour votre vie,

  • ce n’est pas trop espacé : ce qui s’est ouvert la fois précédente ne retombe pas.

Ce rythme crée une continuité psychique : un rendez-vous régulier avec vous-même.

Une psychanalyse vivante, pas un mutisme :

Vous parlerez, bien sûr, mais je suis là, présente. Pas silencieuse. Pas absente.

Je vous écoute attentivement, et j’interviens quand c’est utile : pour éclairer un point, vous aider à relier deux idées, nommer une sensation, ou simplement vous soutenir dans quelque chose qui cherche à se dire. Nous formons un dialogue, pas un interrogatoire, pas un exposé théorique, pas un protocole académique. Il s’agit bien de trouver du sens et de la cohérence par la parole. Cette cohérence descendra au fur et à mesure dans le corps.

Retrouver la sensation d’exister :

Le cœur de ce travail, c’est vous.

Beaucoup de personnes arrivent épuisées parce qu’elles ont passé des années à s’adapter : à leur environnement, à leur famille, à leurs obligations, à des attentes qui n’étaient pas les leurs.
On finit alors par perdre l’accès à son propre centre : ce qui fait que je suis moi.

En psychanalyse, nous allons chercher ce point-là : ce qui vit encore enfoui. Ce qui a été comprimé, ignoré, étouffé sous le poids des rôles, des devoirs, des chocs.

Quand ce “moi profond” recommence à respirer, ce que l’on est devient plus lisible : on sait ce qu’on veut, ce qu’on ne veut plus, ce qui fait du bien, ce qui blesse. Si ce n’est pas un grand spectacle, c’est une progression intérieure solide et désormais acquise.

Pour les personnes hyperphages : ce que ce travail peut, et ne peut pas faire :

L’hyperphagie, ou binge eating disorder, a une logique à elle. Le symptôme : la compulsion alimentaire, peut être installé depuis des années, souvent des décennies.
Il peut fonctionner comme un mécanisme de défense — ou s’être autonomisé avec le temps, jusqu’à ne plus avoir besoin de raison pour surgir.

La thérapie n’est pas un bouton “stop”.
Elle explore le terrain psychique qui soutient la compulsion : l’histoire, les chocs, les loyautés invisibles, la fatigue émotionnelle, les injonctions intérieures, tout ce qui fait que l’on a disparu à soi-même.

Ce travail peut transformer en profondeur la relation que vous entretenez avec vous, avec votre corps, avec la nourriture — mais il s’inscrit dans le temps.
C’est normal : quand un symptôme a mis plusieurs annéees à s’installer, il ne s’efface pas en quelques séances.

Entre l’urgence du corps et le temps de la thérapie :

Les personnes qui subissent le binge eating vivent souvent un dilemme douloureux :

  • l’urgence du corps qui subit tout de suite, chaque jour (santé, fatigue, complications, honte, finances…),

  • tandis que la thérapie agit sur la psyché qui elle avance plus lentement, parce qu’elle doit reconstruire, réorganiser, se déplier.

Ce décalage n’est pas un échec. C’est la réalité humaine du corps et de l’esprit.

La thérapie permet d’alléger la charge intérieure, de mieux comprendre ce qui se joue, et d’ouvrir d’autres appuis que le recours compulsif.

L’EMDR : un outil complémentaire, parfois utile dans un second temps :

Dans certains cas, et seulement quand la parole circule déjà bien, un travail comme l’EMDR peut aider à dénouer des automatismes qui résistent.

Ce n’est ni un raccourci magique, ni un substitut à la psychanalyse. C’est une technique complémentaire, qui peut intervenir après que les associations sont devenues plus libres, plus fluide, plus disponibles.

Ce n’est jamais imposé. Ce n’est jamais immédiat. C’est une option, si cela s’avère pertinent.

Des ressources en parallèle : livres, documentaires, films :

Pour certaines personnes, il est utile de s’appuyer sur des lectures, des films, des témoignages.
Je peux proposer des pistes — jamais des obligations — en fonction de votre parcours et de ce que vous vivez.

Ces ressources permettent parfois de se sentir moins seul·e, de comprendre des choses autrement, de mettre des mots où il n’y en avait pas.

En conclusion : une thérapie est une rencontre

C’est un espace où l’on regarde ensemble ce qui, en vous, cherche à vivre plus librement.
Vous n’avez pas à être “prêt·e”.
Vous n’avez ni à justifier votre souffrance, ni à vous censurer.

Vous venez comme vous êtes, avec ce que vous portez.
Et au fur et à mesure, le chemin devient plus clair.

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Une journée typique dans l’hyperphagie : pression interne, invisibilisation, double vie. Les rouages invisibles d’un trouble mal compris.

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